26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 14:48

" Ils dénigrent l'autre pour se valoriser. Ils vampirisent son énergie jusqu'à le briser. "ils", ce sont les pervers narcissiques. Identifié depuis une vingtaine d'années seulement, le phénomène se répand au point d'être qualifié par certains pays de "mal du siécle".

 

Anne Grignon article du Nouvel Observateur n° 2463 du 19 Janvier 2012.

 

C'est, en partant, de cet article que je vais vous parler du pervers narcissique.

 

Nous devons en premier lieu nous arréter sur Paul Claude Racamier (1924-1996), qui a mis à jour le concept de la perversion narcissique dans son ouvrage le "Génies des origines". Freudiens et Lacaniens prenaient alors la place. Lui travaillait loin des chapelles. Son oeuvre a donc été négligée. Mais on la redécouvre aujourd'hui, notamment dans un ouvrage intitulé " La Psychanalyse sans divan" (1970)

 

Il existe un stéréotype du pervers narcissique.

 

- Vampirisation de l'énergie de l'autre.

- Abscence d'empathie.

- Froideur émotionnelle.

- Dénigrement insidieux.

- Indifférence aux désirs de l'autre.

- Mensonge pathologique.

- Incapacité à reconnaitre ses torts.

- Déni de la réalité.

- Manipulation.

- Maniement redoutable de la réthorique.

- Soulagement morbide quand l'autre est au plus bas.

 

Maniement redoutable de la réthorique: le dialogue au sein du couple pour dépasser le conflit tourne à vide.

 

Nous allons, au travers de courtes phrases, développer cependant  de façon succinte les 11 points ci dessus cités, afin de cerner d'avantage les mécanismes mis en oeuvre par cet individu hautement toxique.

 

Vivre avec un manipulateur pervers peut amener au suicide. Toutefois  cette relation ne conduit pas toujours au suicide mais cependant il est la cause de nombreux dégats psychique.

On peut mettre depuis peut un nom sur cette violence incidieuse, un nom sur cette violence perverse dans les rapportshumain: " Perversion Narcissique " PN "

Lire l'ouvrage de Jean-Charles Bouchoux " Les pervers narcissiques " aux éditions Eyrolles.

 

Les "PN" représentent 3% de la population - les spécialistes parlent eux d'un chiffre nettement supérieur - et détruisent 90% de leur entourage. Ce sont des manipulateurs pervers.

 

Le mal n'est pas nouveau mais une recrudescence, selon Dominique Barbier criminologue et expert psychiatrique, Notre époque est un véritable " fabrique de pervers ". La raison: le consumérisme frénétique et l'affaiblissement de la fonction paternelle qui entraine une intolérance à la frustration de plus en plus répandue et dans toute les couches sociales. Cette immaturité sociale terreau fertile de la prédation morale et d'un rappport  à l'autre de plus en plus utilitaire. C'est " le mal du siécle ".

 

N'importe qui peut tomber sous la coupe d'un pervers. La perversion narcissique consiste à employer des moyens retors " vampiriser et anémier son parternaire pour combler une faille infiniment béante et un vide intérieur". Ce vide vertigineux dans lequel " tout affect semble avoir été éteint depuis l'enfance " c'est à dire quasiment innexistant. selon Geneviéve Reichet auteur d'un ouvrage concernant " les relations toxiques ". Selon elle, il y a autant d'homme que de femme qui sont confrontés à cette " prédation morale ", qui ont subi une " insidieuse altération dans leur intégrité psychique ". Dans leur récit, tous raconte la même histoire.Le même calvaire, la même descente aux enfers.

 

Le manipulateur, le pervers peut dormir durant des années et se réveiller soudainnement pour prapper sa proie qu'il a incidieusement préparé. Par exemple au sein d'un couple de par la séduction.

Il est déjà trop tard lorsque la victime s'en apercois le venin distillé à faible dose est déjà là et commence son oeuvre destructrice.

 

On peut observer trois phases, La première le pervers est donc en sommeille - durant plusieurs années - La seconde phase c'est l'assujetissement de la victime enfin la derniére phase le PN va soumettre peu à peu sa proie pour en prendre le controle total.

 

Un élément déclencheur survient dans le basculement dans la dépendance; arrivée du premier enfant au sein d'un couple. " l'être exquis des débuts dévoile une dureté de ton qu'on ne lui soupconnait pas et se révèle dans toute sa dangereuse étrangeté " selon l'expression de Paul Claude Racamier. Celui qui, en 1987, posa les bases de cette difformité morale.

 

Le manipulateur ne veut pas que l'autre ait confiance en elle ( en soi ) " la joie de l'autre s'éteind peu à peu", c'est une folie trés répandue mais personne ne la voit!. Nombreux sont les magistrats et avocats qui ne savent pas reconnaitre un manipulateurs et se font avoir par la remarquable duplicité de ces comédiens nés. " leur angélisme apparent, impassible, jamais affecté par rien, même s'il prétend le contraire car seule la blessure d'orgeuil le fait souffrir ".

 

Le pervers narcissique " fera passer pour déséquilibré sa victime poussée à bout ". Même les psychologues peuvent être bernés. Le pervers offre à l'observateur l'air de la parfaite innocence.

 

La vision véritable d'un mari ou d'une femme peut apparaitre brutalement aprés 10 années de mariage. C'est le syndrome de Dorian Gray. Un fois la prise de conscience advenue il est déjà trop tard. La relation d'emprise est là qui est une véritable prise de pouvoir sur l'autre. C'est un Janus, un personnage à deux visages. Il porte un masque, il est sociable, adorable, fréquentable, admirable. Un seule proie lui suffit à sa crispation morbide. Une seule proie lui suffit à écluser sa compulsion destructrice.

 

Ce double visage lui permet d'entrainer quelques proches qui, de bonne foi ou par faiblesse, vont croire en sa version des faits lorsqu'il inversera les rôle pour expliquer que c'est lui la victime.

 

Ce manipulateur, de par son travail intensif de culpabilisation anesthésie, anéantie sa victime, sa proie, qui devient incapable de réagir. C'est Dr Jekyll et Mr Hyde. Main basse sur l'esprit. Racamier parle d'un " véritable détournement de l'intelligence ". Le pervers reproche toujours à l'autre d'être le coupable." comme s'il falait impérieusement détruire et salir l'autre".

 

On peut difficilement repérer ce genre d'individu. Il existe toutefois un stéréotype, un peu sommaire, qui facilite autant que faire ce peut cet individu. Leur repérage peut en être facilité. au court d'un entretien clinique.

 

" Il manie le chaud et le froid dans une subtile alternance. Quand l'autre est à bout, il regagne sa confiance. Son manque d'empathie est central. Il observe la souffrance avec indifférence. Sa gamme de sentiment est pauvre comme s'il disposait que d'une octave sur son piano émotionnel."

 

Il faut un véritable savoir faire pour repérer cette froideur de coeur. Le PN vampireise l'autre jusqu'a l'épuiser.

 

" Il est intensement jaloux  d'une vie intérieure qu'il n'a pas". " C'est un véritable insatisfait chronique qui ne supporte pas le bien être de l'autre".Il ne tient aucunement compte du bien être de l'autre. La relation s'articule exclusivement sur ses seuls désirs.

 

Ni remords, ni culpabiloité, il n'a jamais tort, ne demande jamais pardon, sauf par stratégie, par calcul. Son sytéme de relation repose sur le déni, qui est l'occultation d'un partie de la réalité.

 

Autre caractéristique majeure; sa façon de dénigrer, insidieusement l'autre. Il distile un poison lent noyé dans un flot de parole.

 

JP Racamier propose une définition; " Le mouvement pervers narcissique est une façon organisée de se défendre de toutes douleurs et  contradictions internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépend d'autrui et non seulement sans peine mais avec une extéme jouissance."

 

" Expulser en l'autre son propre chaos mental. Cette acrobatie psychiatrique est la raison d"être de la perversion narcissique." Le pervers manoeuvre inconsciemment pour tranférer chez l'autre la psychose ou la dépression qu'il cherche à éviter.

 

Il est essentiellement préoccupé de lui même de sa personne, il est constamment dans la construction de son image. Paraitre.

 

" Espérer un amendement, voire une guérison est généralement illusoire- utopique -"." Ce n'est pas une maladie, ca ne se soigne pas. Il n'y a a.pas de médicament, pas de thérapie possible." écrit Dominique Barbier. Car c'est " gens "ne sont pas demandeur et dons par conséquent ne consulte pas, sauf par calcul.

 

" La problématique, du PN, ne reléve que de la justice et de la police ".en aucun cas la médecine  " et rajoute; " Ce sont des saloparts qui ne changent jamais ".

 

Nul mention de ce profil dans le DSM IV qui est le manuel de référence de classification internationales  des troubles mentaux. La notion se cherche encore.

 

On peut parler sans crainte, comme beaucoup le pense, de véritable  " déviance morale" et de poser la question du " mal du siécle" - Scott Peck psychiatre américain. D'autres parle de " psychose blanche ", une psychose sans symptômes apparents avec une dimession paranoiaque.

 

On peut classer cet individu sur une echelle de 1 à 10 selon sa toxicité.

 

Niveau 3 le tyran domestique, refugié dans le déni que pour ne pas sombrer, blesse l'autre"invonlontairement!". Le niveau 8 le sadique qui se défoule en jouissant de la douleur morale qu'il inflige sciemment, fait de considérable dégats. On ne gagne jamais face à lui On ne peut que s'en aller.

 

Enfin, le pervers narcissique laisse sa proie en état de sidération. Il n'y a pas de démission possible même certains psychiatres n'osent rencontrer se type de pervers et préfére passer leur chemin. A ce stade, nous pouvons donc parler de monstruosité.

 

Pour clore cet article il existe une loi qui aurait due en principe protéger les victimes, mais les législateurs n'ont pas été jusqu'au bout dans leur reflexion.

 

La loi de 2010 donc récente et qui sanctionne le harcélement psychologique mais ne mentionne ni la perversion narcisique ni la manipulation.  Il y a donc du chemin à faire pour protéger les victimes de ce genre d'individu extémement toxique.

 

Il est donc urgent de faire connaitre et reconnaitre comme  tel cette pathologie qui a pris de nos jours une ampleur importante dans notre société puisque l'on parle de ; " MAL DU SIECLE " !

 

 

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psychologie clinique
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commentaires

Elmadjian 06/02/2014

Article très juste. Le problème est grave et pas encore appréhendé comme il le faudrait.

Anonym 20/02/2014

Oui mais est qu'ils ne sentent aucun sentiment d'amour où d'affection?

IRON 11/06/2014

Bonjour,

Vous avez dressé le portrait monstrueux de mon mari qui m'a montré son vrai visage il y a 14 ans lorsque je suis tombée malade. Il m'a littéralement presque détruite en faisant le vide autour de moi. Il a détruit ma vie de femme, d'épouse de mère de grand mère sociale et professionnelle. La seule chose qui l'a empêché de me suicider est ma foi. Il a réussi une bonne chose dans ma vie à renforcer ma foi en Dieu. Pour le moment il est occupé à lutter contre ma foi donc contre Dieu et il devant un mystère plus fort que lui. Par la même occasion j'ai repris des forces pour le contrer et avoir le dessus sur lui. Paradoxalement, je ne ressens pas l'envie de vengeance mais je ne baisse plus la garde depuis que j'ai su à qui j'ai affaire.
Il fait régulièrement des incursions qui sont détruites par l'arme redoutable qui est ma foi.
Ce qui me renvoie son image de pauvre type taré.

LE LUDEC 03/08/2014

Votre article est très juste.

J'ai eu une relation avec un PN pendant quelques mois.

C'est mon pétillement et ma joie de vivre qui l'ont séduit.

Tout de suite, j'ai eu l'intuition que quelque chose n'allait pas. Alors j'ai creusé, creusé.

En effet, c'est très insidieux. ils sont capables de semer la confusion dans l'esprit. Insidieux également le dénigrement, l'air de rien, par des petites phrases anodines.

Un jour, il me disait vouloir construire sa vie avec moi, le lendemain, il me disait que ce qu'il aimait avant tout c'était de me cacher.

Très séducteur, beau parleur, très très narcissique mais vide d'émotion. L'émotion, il l'a simulait. mais moi, je ne sentais rien "dans son coeur". L'intuition encore...

De jour en jour, mon énergie s'en allait. Je n'avais plus de goût à rien, je pleurais, j'étais malheureuse. Je me sentais moche, bête et jamais assez bien pour lui. Et lui, de jour en jour, brillait de plus en plus, se redressait. C'est hallucinant quand on refait le film en arrière pour essayer de comprendre....

Ce serait trop long à relater, mais en effet, les PN distillent leur venin très doucement et on ne se rend compte de rien. Sauf l'intuition.

Et une fois que le venin est là, c'est terminé. Il nous détruit jusqu'à ce qu'on soit vide, mort psychiquement.

C'est très difficile de s'en remettre. Il faut vraiment en parler, voir des thérapeutes.

Le cerveau a disjoncté. Il faut remettre les fusibles en place, les "changer".... C'est très long, mais on y arrive.

Maintenant, je me fierai plus que jamais à mon intuition....plus jamais ça....

Merci pour votre article.

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